

On raconte qu'un nouveau marié, le premier matin, après les noces, avant de commencer à s'habiller demanda à son épouse s'il devait s'habiller avec les cotillons ou avec ses braies? (il était Jersiais). Son épouse lui répondit qu'il fallait sans doute mettre ses braies (pantalons).....
Nouvelle Chronique de Jersey 18/8/1897
.... Et puis sans permission de vos autorités, j'aurais été voir les viers et leur demander Pouvous trouver vos blianches braies? et choisis du Régiment du Nord, de l'Ouest, de St.-Laurent, de la Ville et de l'est, vos vieilles uniformes muchis dans vos trunks, je vous aurais donné asile, sniders et à chi mangé à votre arrivée à Londres.
Nouvelle Chronique de Jersey 7/7/1897
Fait curieux.- Nous apprenons qu'un Monsieur de Gorey a réussi à élever plusieurs poussins couvés par une mouette (mauve) aux Ecréhos. Ce monsieur, en retirant les oeufs du nid de l'oiseau sauvage, avait pris la précaution de rendre les oeufs aussi semblables à ceux qu'il remplaçait.
Nouvelle Chronique de Jersey 7/7/1897
Sir.- The claquot is that species of seaweed which is often a yard in length, and, according to the weather, is either damp or dry when taken from the rocks into our houses. It becomes yellower and yellower as it becomes dryer; hence the term jaune comme un claquot.
Periwinkle
Nouvelle Chronique de Jersey 7/7/1897
Il remercie pour ce toast, et aussi il dit que le maître de l'Hôtel doit être remercié pour avoir
Douné du su et du doue
Et il y en avai pour touos les goûts,
Et si quelqu'en t'ai hainitcheu
Y'en avai oquo sur le drecheu.
Nouvelle Chronique de Jersey 22/5/1897
Un Magasin. - Nous apprenons avec plaisir qu'un Monsieur Jersiais, très connu à Jersey, aurait l'intention de faire paraître sous peu un magasin mensuel qui porterait pour titre Le Magasin de Jerri en la langue des viers Normands. Le prix de cet ouvrage serait de 6d. le numéro. Nous souhaitons tout succès à celui qui se propose de publier cet opuscule, et connaissant ce Monsieur, comme nous le faisons, nous croyons pouvoir prédire que son ouvrage sera risible et intéressant. D'ici à quinze jours l'auteur se propose de remettre son manuscrit entre les mains des imprimeurs.
Nouvelle Chronique de Jersey 9/1/1897
On parle à Jersey trois langues, le Jersiais, l'Anglais et le Français. Loin de nous de vouloir qu'aucune de ces trois langues disparaisse. Nous désirons cependant attirer l'attention de nos lecteurs à une singulière anomalie qui existe dans la langue du pays proprement dite......
Nouvelle Chronique de Jersey 24/3/1894
...et les murs décorés de l'évergreen qu'on appelle en "bouan Jerriais" du "lierrue." Je vous assure que je le traversai l'autre jour non sans danger pour ma redingote.
Le tout ensemble, Monsieur, a l'air comme on dit ici en "bouan Jerriais," "Une Renonchâtion."...
Chronique de Jersey 22/11/1893
Fêtes de Gorey et de St.-Jean
...de sorte que pour ceux qui n'avaient pas les jambes solides le seul moyen de transport était le herneais dont le cahotage était plus fatigant que ne l'était la marche, mais malgré cela plusieurs en faisaient usage, et on voyait de bonnes hernachies qui s'en allaient cahin, caha, c'était une partie de fun....
...la pluspart des amis en s'entre quittant se disaient à l'annaie qui vein....
Nouvelle Chronique de Jersey 17/6/1893
Maintenant, voulez-vous rire un tantinet? Voulez vous quelque peu vous esclaffer en lisant quelques histoires épicées, quelques gaudrioles dans le patois des îles? Lisez: Deustrès histouethes pour rithe par Bram Bilo, ça ne coûte que quat'sous british à l'office de la Nouvelle Chronique, à Jersey.
Le Bailliage 18/4/1891
It is related of a certain way-loving Jersiais, that, standing at different corners of the St. Héliers streets, on market days, he would cry aloud: Ph'lippe! Med Ph'lippe! In a very short time he would soon be surrounded by a very host of country Med'Ph'lippes. So in St. Anne's, were any one to cry aloud: Hérivé, ou fi d'Hérivé! he would soon collect an astonished crowd.
Le Bailliage 28/7/1888
A judge in the Rhondda Valley who does not speak Welsh is as palpably out of place as would be a judge in Jersey who could not speak Norman French
Times (London) 30/5/1885
Grand Concert, Etc.
M. W.E. Messervy qui récitera en piâ Jerriais: Garçons de St. Ouen! Soû zètes en vos mâthiant, écoûtais mé un instant.....
Chronique de Jersey 17/12/1884
Notre Auguste Reine vient de donner une nouvelle preuve de sa sollicitude pour ses sujets, les habitants de l'Archipel Normand, les descendants du preux Duc Guillaume, le fondateur de la dynastie dont la Reine Victoria est l'illustre et digne descendante.
Sa Majesté a voulu que ses sujets Normands qui ont grandi sous son pavillon:- "The flag that braved a thousand years, the battle and the breeze!" fussent mis en possession de son "little volume", traduit en Normand, la langue de nos pères - celle de Wace, la mère de la langue française, qui a immortalisé les Racine, les Voltaire, les Delille, les Massillon, les Boileau, les Molière, les Beranger, les Dumas, les Hugo.
La lettre de la Reine est un Lévier qui va donner de l'essor à notre langue, "Nouotre vier Gerriais", cet antique idiome sur lequel repose notre autonomie, notre nationalité.
Cette lettre adressée à Mons. John Sullivan par Sa Majesté confie, par autorité royale, à ce Jersiais, la tâche de traduire en Normand le livre de Sa Majesté intitulé:
"More leaves for the Highlands."
Nous extrayons de cette lettre le phrase suivante, qui sort de la plume d'un des Secrétaires de Sa Majesté.
"I think it will be a source of gratification to Her Majesty, to find an interest shown in the Channel Islands in regard to her little volume."
Nous pouvons dire avec certitude que nos compatriotes s'intéressent vivement à tout ce qui sort de la plume de Sa Grâcieuse Majesté, la Duchesse de Normandie!
"More leaves from the Highlands", sera lu par tous en Anglais, en Français et en Gerriais!
Nouvelle Chronique de Jersey 12/7/1884
Like the rest of the group, it is a continual eyesore to France, though, as it was Jersey that conquered us and not we Jersey, France has no reason to complain if we still loyally hold to our conquerors. Practically, Jersey is as far from the coast of France as England is, being situated in a vast labyrinth of rocks. It is a green oasis in a desert of raging waters, consisting of a town exceedingly like a favourite English watering-place, with 30,000 inhabitants, the rest of the island forming the suburbs, with 30,000 more. The variety of denominations, represented by appropriate roofs, towers, gables, and windows, somewhat exceeds the usual English proportion. The population are old Jerseyites, speaking the language found in old Norman books; immigrants from the neighbouring coast speaking modern French; a larger number that speak a medley ; several successive layers of English-speaking immigrants; and what may be called the English colony of residents and visitors.
Times 15/2/1881
...Dans Seale Street, MM. Jeune, Gallichan et autres voisins, se mirent à l'oeuvre et dans quelques heures érigèrent un arc. D'un côté, on lisait: Vive Jerri, de l'autre Trejous Loyal....
(Centenary of Battle of Jersey)
Nouvelle Chronique de Jersey 8/1/1881
Dans Seaton Place, l'arche très-bien construite et élégamment décorée porte les devises: Vive Jerri, Tréjous Loyal.
Chronique de Jersey 8/1/1881
S.A. Royale la Princesse Louise, Marquise de Lorne, à toutes ses autres qualités joint celle d'auteur-amateur. La Princesse à son retour d'Angleterre au Canada a donné des soirées aux Membres du Parlement, et entre autres amusements donné des représentations dramatiqes; elle a rapporté d'Angleterre de charmantes petites comédies de salon qu'elle fait représenter. Tout dernièrement, elle a arrangé une comédie-vaudeville, dans laquelle elle a introduit un ou deux couplets de patois Jersiais, tel que parlent encore un grand nombre de Canadiens d'origine jersiaise. Voici un échantillon de ses morceaux:
"Ah! cousin Pierre, i fait grand froid
Nouvelle Chronique de Jersey 13/3/1880
Un Vier Garçon, morceau écrit en Jersiais . Au lecteur nos bien sincères compliments pour son amour de sa langue nationale.
Le Jersiais 16/2/1878
...Sur le côté gauche, au-dessus de deux écussons attachés aux colonnes extrêmes et représentant: l'un, le glaive de la justice, - l'autre, la corne d'abondance, sont deux inscriptions jersiaises au milieu desquelles s'en trouve une troisième en langue anglaise.
On lit au milieu des fleurs et des guirlandes:
their desired Haven. | |
De l'autre, du côté qui regarde la mer sont des inscriptions françaises et jersiaises que ni nous, ni personne n'ont pu lire.
La langue jersiaise devait avoir tous les honneurs de la journée, c'est par méprise que l'inscription anglaise a occupé le côté le plus visible.
De ce côté il devait y avoir:
|
Djieu vos aid'ra et vos f'ra arriver. Aidez vous seulement, et Dieu vous aidera.
| |
Chronique de Jersey 31/8/1872
Lectures Publiques à St.-Pierre. - C'est Vendredi soir, 25 Janvier, à sept heures du soir, que doit avoir lieu au Parish Hall de St.-Pierre l'inauguration des lectures publiques. La séance sera présidée par le Rév. Clément Le Hardy, Recteur de St.-Pierre. La lecture en langue jersiaise a pour titre: Not' langue Jerriaise;.....
La Nouvelle Chronique de Jersey 23/1/1867
Si les deux honorables Magistrats qui étaient sur le siège, et qui savent tous deux le français, langlais et le jersiais, avaient entendu les témoins....
Chronique de Jersey 28/1/1865
...just as Jerseymen, though speaking a French patois and of French descent, are by history and patriotic feeling English.
Times (London) 8/10/1862
THE MORNING EXPRESS. - Un nouveau journal vient de s'élever sous ce titre. Malgré ses tendances exclusivement anglaises, nous lui souhaitons bon succès. Cette feuille, dès son second numéro, a consacré à LA TRIBUNE un long article dont nous devons rendre compte à nos lecteurs. On a pu lire dans notre dernière livraison une lettre intitulée : An appeal to Jerseymen, dans laquelle l'auteur recommandait à ses concitoyens Jersiais de cultiver la langue de leurs pères, de la conserver comme la base de tous leurs priviléges, et de s'imposer les sacrifices nécessaires pour qu'elle soit enseignée à leurs enfants. Le rédacteur du Morning Express considère cet attachement des Jersiais pour leur langue comme un obstacle aux progrès de l'île, et il s'efforce de combattre les vues de notre correspondant. Malheureusement pour la cause qu'il soutient, ses arguments sont d'une extrême faiblesse. Après s'être moqué de ce qu'il appelle un patois, sans en pouvoir juger lui-même, puisqu'il est aussi étranger à la langue française qu'à notre idiôme jersiais, il fait cet aveu, qui anéantit toute son argumentation : "The English would feel and resent the idea of any other then their own national language, being forced upon them." Et il prouve que les Anglais ont raison de tenir à leur langue, en établissant qu'elle est répandue "dans les deux hémisphères." De peur même de n'avoir pas dit assez, il ajoute fort inutilement : "et dans chaque section du globe." Mais si c'est seulement l'universalité qui attache un peuple à une langue, on peut dire du français, tout ce que le rédacteur du Morning Express dit de sa propre langue, et si la question de la langue tient à la nationalité, pourquoi veut-il que nous ne "sentions" et ne "ressentions" même pas, comme une offense à notre individualité nationale "l'idée de nous voir imposer une autre langue que la nôtre propre?" A cela il réplique:- "Mais votre idiôme n'est qu'un patois." Nous répondons ailleurs à cette objection. Ici nous nous bornerons à dire : La langue de nos chaires officielles, de nos tribunaux et de nos Etats, sans être exclusive et vouloir régner seule, deviendra chaque jour plus correcte, il faut l'espérer; chaque jour elle deviendra plus réellement française, Ce n'est donc pas un patois, mais une langue analogue à beaucoup d'égards à celle qu'on parle en Suisse et en Belgique, où le français n'est pas très pur. La Suisse et la Belgique parlent français, en effet; mais, distinctes de la France, elle ne se montrent pas plus disposées à se laisser absorber par elle qu'à adopter l'idiôme et les institutions de leurs voisins ou confédérés. Quant à ce que le Morning Express appelle Jersey French, nous le voulons conserver comme un monument philologique important. La langue des troubadours, la langue d'oc est cultivée comme langue morte dans le midi de la France, pourquoi notre idiôme illustré par Robert Wace et par les trouvères serait-il abandonné par nous? La langue française ne doit-elle pas beaucoup plus à l'un qu'à l'autre de ces dérivés du latin?
La Tribune de Jersey
Novembre 1860
...If a Jerseyman prefers cabbage soup and patois, to roast beef and the English language, we have no objection. We only desire that we may not have either the diet or the dialect forced upon us...
Jersey Independent and Daily Telegraph 12/10/1858
La langue Normande a enfin nos sympathies. Nous tenons, nous aussi, à cette langue - cette langue que parlèrent nos pères, doit être aussi la nôtre. Peut-être qu'elle n'est pas si élégante que celle de la mère patrie, cependant elle nous rappelle notre origine, et nous est par cela même chère. Elle nous rappelle le poéte Wace du XIIe siècle, qui chanta en cette langue la Normandie et les exploits de ses anciens ducs, dont les ouvrages, après avoir été peu connus pendant des siècles, ont acquis de la publicité et de la renommée par le moyen d'une presse Normande. Tâchons de conserver notre langue, ou comme quelques-uns l'appellent, notre Patois.
La Patrie
19/10/1850
...and neither of the families speak more than a few words of English, generally conversing in the Jersey patois.
Times (London) 1/9/1849
"Quand l'cat dort les souories ont biau jeu"
Le Constitutionnel 1.4.1848
.... ; Don Quichotte n'était rien comparé à eux, car eux ils se présentent courageusement devant des fantômes et avec leurs "Bannionnettes et lus coup d'cidre," .....
....un d'eux dans son enthousiasme dit - "je voterai comme , vous voudrez, quand Chê s'rait pour un manche de g'nét où pour un trou d'chour, - Je voterais en brave !! ... et nouot BULLDOG wass'ra comme un enragi!!! ..."
UN MONT-AU-PRETRIERE.
Mont-au-Prêtre, 23 Janvier 1848.
Le Constitutionnel 29.1.1848
Un Nouveau Marié.-...quant à la partie où vous nous nous dites que le Sieur Nicolas était encore à l'auberge Mercredi dernier quelques minutes avant minuit, et qu'il dit à l'aubergiste qui réfusait de donner à boire à des personnes qui insistaient d'en avoir en présence du Connétable, "John donnes lues en une fais, man pouore garçon y n'est pas de maisqui que la craie cope tréjous comme les ciziaux.
Un pouore boustre de Victime de Rozel. - Tâches-donc d'écrire à l'avenir un peu plus correctement, puisque vous aussi voulez devenir un de nos nombreux Correspondans. Est-ce bien avec raison que vous concluez ainsi votre plainte:-"Les Trinnetais & les St. Martinais puoront bétot chaqui de main ensemble : dans note pouore pâraisse de la Trinnetai, tou yies désordre et confusion ; le Comité des qu'mins n'existe que de nom ; à l'assemblialée nous y pâle tuos ensemble comme un flioquet de pirots : enfin dans tous les départémens la loi es ouvertement foulais es pis, au point que achteu y gnia presque pas de personnes qui se respecte un peti qui veulent de poste, et que dernièrement un Mousieu élu Inspecteur des qu'mins a decliaré qui n'agirait pon, parce qui véyé bain que les choses ne pouvaient pon allé long tans sus chu pi là, que les fonctionaires ne se fésaient pus respaictai, et que quant à li, nous n'en ferait pon un torchon, comme i s'était aperchu que nous fesait de bain d'autres." - Triste paroisse si les choses y vont ainsi.
Le Constitutionnel 8.1.1848
Un Trinitais.- Conseillez à votre ami et Le Laicteu et de se rendre sans délai chez M. le Connétable, et de reconnaître avec humilité qu'il eut mieux fait de passer tranquillement sa route, sans adresser les paroles qui, comme vous le craignez, vont faire le sujet d'un proces en ajonction. Quoi ! un procès pour avoir dit à UNE DAME : et Bon jour, Missis Le ............... excusais-mé ; y fait grand frait - où devriètes être dans vote parleux ; et pis ch'nest pon la pliaîche de la femme d'un Connétable d'être à foui des pannais." Cela n'en vaut pas la peine.
Le Constitutionnel 20.11.1847
... on verra bientôt un officier du Connétable aller saisir sa Vêsine Nenny pour avoir eu l'impertinence de rêver quou l'avé veu fouoté sus sa femme, un Vingtenier, faire des affaires à san couosin Benjamin Bôquet, l'aigrefin, parcequ'il n'avait pas voulu être dov li dans la draine élection, ....
Me Pierre ... l'avait prié ... de retourner chez lui Viégui ses étables, et abreuvé ses animaoux !!...
UN TRINITAIS
Trinité, ce 17e Novembre 1847
Le Constitutionnel 20.11.1847
La Chronique nous dit "qu'on cherche à prohiber et à anéantir la langue que parlaient les De Carteret" ! ! !
La langue que parlaient les De Carteret est à peu près une langue morte ; et n'est maintenant de mode que dans le village de Carteret en Normandie. Cette langue, ou patois, est encore parlée dans plusieurs familles de cette île; mais, il est agréable de voir les progrès que fait la jeunesse du pays dans l'étude de la langue Anglaise, en sorte qu'il est très-probable que l'Anglais sera sous peu connu de tous les jersiais. Il ne faut pas s'étonner si l'Avocat Le Sueur est si attaché à son vieux Normand, puis qu'il ignore la langue Anglaise, et qu'il lui serait impossible de plaider, ou même de lire et prononcer correctement cette langue.
Il n'aime pas la langue que parlaient les Pierson, les Geo. Don, les Hilgrove Turner, et que parlent encore les Colin Halkett, les James Reynett - et moins encore, celle des Commissaires Royaux, Thomas Flower Ellis, et Thomas Bross, écrs., pourquoi? Parcequ'il est de son intérêt que le peuple soit ignorant.- Il sent que son règne est fini, qu'il a été pésé dans la balance et qu'il a été trouvé léger.
Un Ami des Progrès.
Le Constitutionnel 28.8.1847
"Eh ben ! Maître Benjamin, qu'est qu'ou nos dirais de votre couosin Pierre ? crious pon qu'il est bètôt au but de ses fliutes ?".... "Nou dit que chez li qu'est l'auteur que j'éyons un police angliaiche ; et de tout au reste...
.
Cet aveu fut le signal d'une scène de la plus grande confusion qu'il soit possible d'imginer entre des époux qui, je ne crains pas de le dire, s'étaient aimés tendrement jusqu'au moment ou j'eus la faiblesse de m'occuper de vous ... ce fut au point que je fus obligé d'abandonner le lit conjugal et de me refugier dans la cônière afin d'éviter de plus grands malheurs ...
Le Constitutionnel 26.9.1846
Aux dernières Assemblées de paroisse, quand une proposition était faite, et que quelque Principal voulait adresser l'Assemblée, l'honorable Ph. De Carteret s'écriait ; "Allons mes garçons, lévais les mains en haut - tous ; chez-là les millieurs discours que nou piesse faire. S'il ont quique chose a nos dire qui vainent nos pâlé demain." Et tous les polissons de lever la main, quelques-fois les deux mains. Voilà ce qui s'appelle faire des discours à la De Carteret! Le pauvre homme! mais qu'y faire ? "Il n'est pas la cause d'être au monde."
Je suis etc.,,
DEMOSTHENE.
Le Constitutionnel 14.2.1846
...its inhabitants, of whom a considerable number are natives of England and at the best but partially acquainted with that peculiar patois which is known as Jersey-French....
...When the cause came on before the Royal Court, Wilson appealed to the Bench, on the ground of his not understanding the Jersey patois, to allow the case to be conducted in English, or to appoint a sworn interpreter - a part of the case which " P. H. L. B." entirely drops. To this appeal the Court listened, and upon it they had a serious consultation, which ended in their pronouncing a decision which, but for its gross injustice, might be regarded as a most amusing piece of absurdity. They allowed Wilson to plead his own cause in Engish, but refused him the opportunity of hearing the rest of the proceedings in that language.
Times (London) 30/11/1844
But let us suppose the woman at last released from imprisonment in default of evidence to convict her, and turned on the world without any reparation for the wrong she suffered. It may be that the malevolence which concocted one plot against her will contrive another. Suppose her informed against for felony - she will have no opportunity of being confronted with her accusers; their depositions will be unsworn; they will be in the Jersey language, of which she, being an Englishwoman, will not understand one syllable...
Times (London) 28/5/1844
....Donc tout est bien. Et d'ailleurs, comme on dit ichin (ici), chounna (cela) ne me regarde pas....
... Or, sur ce point, on procède à Jersey absolument comme dans ce qu'ils appellent la grande terre, ce que nous appellerions la Grande Ile....
Chronique de Jersey 13/8/1842
...Le plus vieux livre de la langue française, écrit au temps où nous cessâmes de parler latin ou roman, c'est le Roman de Rou: lisez, et vous verrez que le patois jersiais s'y retrouve, votre patois qu'on parle en Normandie comme chez vous, moins les mots et les lambeaux de mots anglais dont il vous a plu de l'enrichir....
Chronique de Jersey 3/9/1842
...la description de la magnifique cérémonie du 29 Septembre 1841, jour où les Etats de Jersey allèrent poser la première pierre du nouveau port....
Chu jour-là, comme dit la narration en patois, trop longue malheureusement pour que je puisse vous la transmettre,
Chu jour-là, cas et chians, touos lus en vindre en ville,
Dépis les pus viers hommes jusqu'ois pus jeane fille;
Touos écalais des yers de vée touotes chés sifaiches
Et chacun s'crépoussait pour avé une bouane pliaiche.
................
Pour les vais erpassait, chés belles processions,
Des dames étais grimpais jusque sus les maisons,
Arangés comme des reines atous lus biaeux ribans
Qui volvotais au vent comme des flieurs de printemps.
Chronique de Jersey 15/10/1842
Miss Jane Godel dépose qu'ayant entendu appeler au secours dans la route, elle accourut sur les lieux et entendit le défendeur dire à la plaignante: "Allez prêter un autre faux serment." Sur quoi la fille Le Brun répondit: "B..... de fripon, - b..... de couochon, ouais-che qu'où m'avez veue prêter un faux serment?" - Le Maistre lui dit alors: "Retirous, où zêtes pière que les p...... de la rue George, car les p..... n'insulteraient pas le monde en passant." - Là dessus Miss Le Brun lui demanda: "Ouais-che qu'où m'avez veu n'être pas une sage fille, b.... de fripon, b..... de couochon?" Puis elle s'approchait de l'officier de milice en lui montrant ses poings et le guerrier reculait en s'écriant: "Retirous de me, passez vot' quemin et laissis-me faire m'en travas!" Le témoin ne vit pas Messe Le Maistre donner un coup de rateau à Miss Susanne Le Brun.
Me. Jean Hamon déclare que, le 14 mai, M. Ed. Le Maistre le fit entrer avec plusieurs autres pour bère un verre de bouon cidre coeuru, et qu'il leur dit que lui et son garçon avaient "ben arrangi Miss Le Brun."...
Mrs. Jean Godel se rendit auprès de Miss Le Brun, qui lui montra sa jambe, laquelle jambe portait une petite tache comme si ch'nétait rein.
Rachel Godel corrobore la déposition de sa soeur.
Mrs. Benest fut voir Miss Le Brun, qui lui montra sa jambe; il s'y trouvait une tache grande comme un liard.
Geo. Laurens. - Je sortais de siez ma couosine, ouais que je venais de gangni men jour, quand j'entendis Messe Le Maistre dire à Miss Le Brun: "Passez vot' quemin." Et où l'y rêpondit: "Ch'nez pas pour un b'''' de fripon comme vous que je passerai men quemin."
Mrs. Nicolle déclare que son petit garçon lui ayant dit qu'il y avait du bruit dans la route, elle sortit et entendit Miss Le Brun dire à Le Maistre: "Prouvez-me, prouvez-me que je prins un faux serment." - Sur quoi Le Maistre lui porta un coup de rateau et lui dit: "B..... de trie, allez prendre un autre faux serment." ....
Ph. Le Sueur, jun. - Je revenais de men travas, et j'entendis Messe Le Maistre dire à Miss Le Brun de s'en aller dans la rue George et prendre des faux sermens. La pouore fille était prêt de s'évanni, où l'était au m'sespé d'sa vie et il fallit la ramené siez Me. Jean Nicolle.
L'avocat Godfray, chargé de la défense de Le Maistre, demande au témoin s'il n'a pas d'inimitié contre le défendeur et s'il n'a pas menacé de le transpercer avec une fourche?
Le témoin. - Nanni dia! Est-che qui vos a dit chounna? (On rit aux éclats.)
Elizabeth Laurens déclare que Le Maistre lui a dit que Miss Le Brun n'était qu'une "b...... de quéroigne qui avait prins un faux serment dans l'affaire de Me. Ph. Laurens."...
Miss Mary Huelin rapporte qu'elle a entendu Le Maistre dire que Miss Le Brun avait prêté un faux serment dans la cause de Me. Ph. Laurens, et qu'elle n'était qu'une menteresse et une voleresse...
L'Impartial
Pour former le pluriel des substantifs terminés au singulier par et, il faut changer ces deux finales en iaûx, et les articuler comme le miaulement d'un chat.
(Grammaire Jairiaise de Philippe Hamon.)
Par conséquent et étant changé en iaûx,
Le singulier navet fait au pluriel naviaûx.
....Le défendeur prétendait au contraire qu'il avait le droit de prendre les naviaux...
.... Je ne vis pas M. Lesbirel frapper Mrs. Du Fresne, la matinée des navets; j'observai cependant une personne qui la tenait tranquillement par les deux bras, pour l'empechi de bouogi, et ou siécoutait avec li comme si javai tai un jeune couple à faire l'amour...
Le témoin dit ensuite:- Ce fut M. François Le Gresley qui tint Mrs. Du Fresne par les courts bras, la matinée des naviaux (hilarité prolongée), et lui disait quand elle lui résistait: Ma ptite femme, ous en airais du ma...
Chronique de Jersey 1/12/1841
The second class are for the most part educated in the island; they, indeed, speak (perhaps more commonly than English) a French patois, but this is all the French they have about them. The devoted loyalty to the English Crown of both classes has been signally proved upon more than one memorable occasion....
Times (London) 30/10/1840
...que Me. Pierre Hamon tira alors d'un tiroir des billets et de l'argent et les remit à Mrs. Anley en lui disant: "V'là 400 francs." Que là dessus Mrs. Anley dit: "Ah! je vos remercie, chla nos fera grand plaiaisir!" et Me. Pierre répondit: "Ou zêtes la benvenue, y faut ben s'entre assister dans chute vie ichin."...
L'Impartial
Ceci me rappelle les paroles du Bouonhomme qui' quand on le félicitait sur l'avancement de son fils, disait: Pourveu qu'lorgui n's'en mêle pon, vlà qui fera ben assais, hon, hon, hon....
L'Impartial 6/2/1839
Ptétre ben; mais ou savais qu'chela couôte dés sous, and money makes money, dere is noting like money!
Chronique de Jersey 26/11/1836
...par qui qu'nouz-y supplie...
Chronique de Jersey 3/9/1836
Après avoir vu depuis si long-temps les tables en pierre du marché au poisson, couvertes seulement de vlicots et de bénies, nos yeux ont été réjouis.....
Constitutionnel 23/4/1836
Un vieux milicien disait en parlant de l'ordre de Son Excellence: "Quand il aurait QUIAIS DES GALOTS, la milice devait sortir !!!! Un soldat campagnard demandait si Son Excellence prenait les Miliciens pour des POUQUES MOUILLIES.
Le Constitutionnel 10.9.1831
...Toutefois, je m'aperçus bien que tout ce que je pourrais dire, pas plus que mes anecdotes, ne ferait aucune impression sur les imaginations prévenues de ces bonnes gens, et j'en fut bientôt convaincu par le fils ainé de la maison, qui, en me serrant affectueusement la mains, me dit tout bas, dans le naïf langage du pays: Ah Monsieur, gnia a bon d'gens en Jerry qu'ien savent autant qu'vous, et qu'ien ont vu d'autres....
La Gazette de l'Île de Jersey 24/1/1829
Le Connétable de St. Jean.- J'si d'aussi bonne fouè qu'vous.
Le Constitutionnel 4.7.1831
"Vous nous élourdez trejou avec l'éclairage de St.-Hélier," disait ces jours derniers un de nos habitants à quoi çà peut-i nous servir? N'avons-je pas la lune, presque toute l'année? "
"Quelles sont, s'il vous plait, " lui répartit-on, "les conditions de votre abonnement avec la Lune ?"
"Entre amies et vaisins, lui répliqua l'habitant, "on se rend service sans condition ; ça vaut miu qu'du gaz ou d'l'huile."
Le Constitutionnel 22.11.1828
Clément Coutanche ... meneça Josué Le Sueur de lui mettre la tête sur la couchette et de li torchi le nez, en ajoutant qu'il était ben orgueilleur depis qu'il avait herité de son cousin Richard Esnouf qu'il avait nayé . Enfin de débit en débit, nos deux champions s'entrepoignirent, se busquirent pour l'amour d'un râtet qui n'était que muchi.
... Clément Coutanche a été condamné au frais et au paîment d'une somme de 30 ... d'ordre en vers Josué Le Sueur.
Le Constitutionnel 20.9.1828
Le bout du nez lui "purait de sang". Jean était ... un des "douze, hardi cau". Une vieille femme ... li dit: "Vosv'la Me. George, vos avez été en divers engagements. Ous feriez miu de rester." L'ajoint criait pour avoir 'son chapet et son blanchet'. George 'la toupinit comme un oisé et li fit mal au dos contre la muraille.'
Le Constitutionnel 3.5.1828
V'la un b.............re de laurier, faut l'ien donné !...
N'me battais pon, j'sis un rosier, n'mé battais donc pon, j'sis iun d'vous...
Le Constitutionnel 9.6.1827
"Chest dés menteties ."
Ai bien couosin * * * * quiest que chest dons que chute Parole d'honneu du Connaitable "?
Chest dés menteties s'écrie notre sage; Chest dés menteties."
Le Constitutionnel 4.2.1826
"à quiqu'uns de chez Agrifins qui n'ont pon des poings de paille"
Le Constitutionnel 25.9.1824
...Mais avant de les quitter, il leur adressa le discours suivant, qui fut entendu avec effroi: Il est possible que les moyens ordinaires soient insuffisants pour extirper le mal; mais alors j'aurai recours à d'autres; j'évoquerai les esprits infernaux; je ferai paraître Nic; mais il faudra que vous vous teniez prêts, dès qu'ou l'verrais, à capuchi dessus atou d'gros bâtons, et pis j'vairons.....
Gazette de l'Île de Jersey 3/4/1824
Ph. Payn fut gardé jusqu'à sept heures et quart. Le déposant entendit Elie Alexandre injurier Ph. Payn et le traiter de B-gre de Pendeloque, de son of a B-tch et le menaça de le garder jusqu'à minuit...
Chronique de Jersey
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